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Colère à l’Alliance française Paris Ile-de-France ou pourquoi vouloir refuser le soutien que l’Etat vous accorde : oui à un accord APLD, non aux licenciements et aux baux abusifs.

Après les Alliances française de Lyon et de Bordeaux, L’Alliance Française Paris Ile-de-France a annoncé un plan de licenciements qui concerne 25% des effectifs. Un Plan de Sauvegarde de l’Emploi a été annoncé à l’ensemble du personnel, à la veille de Noel, et les élus du CSE ont obtenu, de haute lutte, que leur avis, prévu initialement pour le 11 février soit reporté au 23 février. Les salariés de l’Alliance française Paris Ile-de-France veulent, en urgence : que soit suspendu ce projet de PSE au profit d’un accord d’activité partielle de longue durée (APLD) qui permette véritablement de penser un projet d’avenir durable et protège tous les emplois ; que le travail des salariés de l’Association Alliance Française Paris Ile-de-France cesse d’être le moyen de subsistance pour la Fondation des Alliances Françaises.

Pourquoi le conseil d’ administration de l’Alliance française Paris Ile-de-France, établissement d’ enseignement supérieur prestigieux, membre fondateur de la Fondation des Alliances françaises[1] se refuse-t-il à recourir dans un premier temps aux aides avantageuses accordées par l’État aux structures dépendant d’ un tourisme culturel sous forme d’ activité partielle de longue durée (APLD) ? Il est pourtant démontré que l’Alliance Française de Paris Ile-de-France, qui dispose actuellement des fruits de la vente de son immeuble au 34 rue de Fleurus dans le 6° arrondissement de Paris, ne perdrait rien à recourir à ce dispositif généreux pendant un an, ce qui lui laisserait le temps de penser en profondeur son avenir et d’ envisager même un plan volontaire de départs, puisque des départs sont souhaités.

Pourquoi les salariés doivent-ils être l’ éternelle variable d’ ajustement ? La baisse d’ activité durable, liée à la crise sanitaire, n’ est pas de nature à compromettre la pérennité de l’ entreprise. Aujourd’ hui, les cours en distanciel sont un succès, tous les enseignants et les administratifs sont mobilisés et l’ on refuse pourtant de nouveaux étudiants, voire on décourage les étudiants fidélisés. La charge de travail, elle, ne cesse d’ augmenter. La réorganisation intervenue en 2018 s’ est traduite par une augmentation des postes administratifs et une baisse du nombre de professeurs. Les réorganisations sans fin ont épuisé et démotivé les salariés.

La Direction de l’Alliance Française déclare que la situation économique est alarmante et néanmoins elle choisit d’ externaliser des services clé, ce qui ne peut avoir pour conséquence que de faire doubler les coûts de sous-traitance. Son choix d’ externalisation et de réduction de la masse salariale met en péril le retour à une croissance durable en se séparant de compétences nécessaires et longues à acquérir. Elle choisit de détricoter les orientations stratégiques qu’ elle venait à peine de mettre en place.

On découvre qu’ un nouveau bail, anticipe?? sur l’ échéance du précèdent, a été signé, en pleine pandémie, avec la Fondation des Alliances françaises en juillet 2020. Le loyer des bâtiments est presque double??, alors qu’il ne porte plus que sur une surface moindre, puisque l’Association est redevenue propriétaire du bâtiment historique qui nécessite, lui, des travaux de rénovation importants et coûteux qui dureraient quatre ans.

En 2017 aurait normalement dû prendre fin le soutien de l’Association à la Fondation. Or, la Cour des comptes a transformé le soutien financier de l’Association en loyer pérenne. En mars 2018, une commission du Sénat révèle qu’ une dissolution de la Fondation a même été envisagée. Le Figaro révèle que « Constatant que la situation financière de la Fondation ne permet pas d’établir un budget 2018 conservant à celle-ci les moyens de poursuivre ses activités, le président, Jérôme Clément, ainsi que cinq autres administrateurs, ont remis leur démission », Parmi les démissionnaires figure notamment l’ancien Premier ministre de droite Alain Juppé ; Médiapart écrit «Vitrine de la diplomatie culturelle, la Fondation Alliance française est en péril. Son président Jérôme Clément, proche de Laurent Fabius, a démissionné alors qu’ un rapport confidentiel de trois inspections générales – consulté par Médiapart – étrille sa gouvernance. » Le plan de développement de la Francophonie annoncé par Emmanuel Macron est mis à mal.

Comment une association de droit privé, qui ne peut compter que sur elle-même, peut-elle être sollicitée pour financer une Fondation soutenue par le Ministère des Affaires Étrangères et bénéficiant de subventions de l’État ? Comment une école, association loi 1901, peut-elle être empêchée de bénéficier du fruit du travail de ses salariés et de ses investissements collectifs par la simple création et la pérennisation d’ un système de répartition de charges et de refacturations qui lui est préjudiciable ?

Contact : Hélène Desclée, secrétaire générale du SNEPL-CFTC : snepl@yahoo.fr ; 06 12 04 89 50

1 Le conseil d’administration de l’Association Alliance française, créée en 1883 et dispensant des cours depuis 1894, a décidé en 2006 de dissocier les activités d’animation du réseau international (service d’action à l’étranger) de celles de l’établissement d’enseignement supérieur. En 2007, la scission a été officialisée par décret et la Fondation Alliance Française (actuellement Fondation des Alliances Françaises) a été créée. Les conseils d’administration étant identiques dans les deux structures, celui de l’Association a décidé en qualité de membre fondateur de la Fondation de céder à celle-ci, sans aucune contrepartie, la quasi-totalité de son patrimoine immobilier (101 boulevard Raspail et 35 rue de Fleurus), prêté initialement et il y a fort longtemps par l’Université de Paris à des fins d’enseignement. La Fondation réclame en outre un soutien économique sous forme de subvention soit disant régressive pour une durée initiale de 10 ans.